Déjà à la préhistoire, l'homme s'est aperçu que les pierres blanches constituant le foyer du feu s'effritaient à cause de la chaleur.
En Égypte, l'homme se servait du plâtre pour assembler les pierres des édifices et pour réaliser des enduits (Vallée des Rois).
Dès l'époque gallo-romaine, les habitants du Parisis ont su transformer le gypse en plâtre pour construire leurs maisons. Ils trouvaient le gypse à proximité, dans de petites carrières, presque à fleur de sol. Les Romains, eux, se servaient du plâtre pour les enduits et les sculptures. (voir 'histoire naturelle' de Pline l'Ancien).
Au Moyen-Âge, l'homme s'aperçoit que le plâtre résiste mieux au feu que le bois. Donc il l'utilise comme enduit de protection. Au Moyen-Âge, puis sous l'Ancien Régime, les petites carrières et plâtrières furent nombreuses mais elles fonctionnaient de manière intermittente. L'habitat local fît largement appel au plâtre.
Au XVIIIe siècle, Paris devient la ville du plâtre grâce à ses gisements souterrains et à l'Édit de Louis XIV de 1667 obligeant le plâtrage des maisons, en intérieur comme en façade, pour éviter à Paris le sort funeste de Londres lors du Grand Incendie de 1666. Au XIXe siècle vient l'invention du four à plâtre industriel, ce qui permet d'augmenter la production.
Aujourd'hui, le plâtre fait partie de notre vie.
En 1822, une carrière à plâtre est créée par Pierre-Etienne Lambert à Cormeilles-en-Parisis. À partir de 1878, Jules-Hilaire Lambert industrialise la production. Le « plâtre de Paris » acquiert sa renommée.
Dans les années 1930, avec les Frères Lambert, le cycle d'exploitation est complet.
La carrière de Cormeilles est la seule en France à alimenter à la fois la fabrication du plâtre, de briques, de chaux hydraulique, et de ciment artificiel par l'emploi des matières de « découvertes » : argiles, calcaires, marnes. La carrière Lambert est la plus grande carrière d'Europe à ciel ouvert.
De nos jours, le plâtre s'obtient également à partir de gypse de désulfurisation.
BMLithographie, vers 1860 : Le père Soubise. Ami de Maître Jacques, Fondateur des Compagnons passants Charpentiers du Devoir, des Couvreurs et des Plâtriers.
Par leurs conquêtes, les Romains vont largement diffuser le plâtre dans tout l'Empire. Les murs des habitations sont enduits de plâtre et de chaux, les plafonds faits de bois et de plâtre. Il peut servir dans la maçonnerie pour unir les pierres les unes aux autres. Les artisans romains développent aussi son emploi comme revêtement extérieur : les tons chauds d'ocre rouge proviennent d'un mélange de briques finement broyées, de pouzzolane, de plâtre et d'eau. Le stuc, fait de plâtre et de poudre de marbre, est utilisé avec éclat pour l'ornementation des édifices.
L'invasion de la Gaule par Jules César donne au plâtre racine dans notre pays. Les Romains, inlassables bâtisseurs, apportent aux populations celtes de nouveaux procédés de construction en maçonnerie et en plâtre.
À Lutèce, sur les bords de la Seine, les huttes de la tribu des Parisii font place à des édifices plus solides. Le site est privilégié par la nature, car la colline de Montmartre regorge de gypse. Dalles, carreaux de plâtre, colonnes, sarcophages... plusieurs vestiges des IIe et IIIe siècle de notre ère témoignent d'un « premier âge du plâtre » à Paris